Islande

L’Islande est un pays que j’ai eu l’occasion de découvrir en avril 2015. Voici mon récit de voyage illustré.

12 avril : Paris à Reykjavik

Avant même d’atterrir, je découvre l’islandais dans l’avion via les annonces du personnel. En un mot : incompréhensible. Qu’à cela ne tienne, les islandais sont complétement bilingues et jonglent d’une langue à l’autre (avec l’anglais) sans difficultés selon leur interlocuteur.

A l’arrivée à l’aéroport international de Keflavik et surtout lors du trajet de 50 kilomètres jusqu’à Reykjavik la capitale, nous nous rendons bien compte que nous sommes arrivés sur une terre hors du commun. Le paysage est alors étonnant : les roches sont omniprésentes, les végétaux sont peu présents. Ces landes balayées par le vent sont un paysage que l’on retrouvera fréquemment en Islande. J’apprendrai un peu plus tard que j’ai traversé alors un champ de lave.

Le temps est couvert jusqu’à alors mais là il se met à pleuvoir, il fait froid, la neige s’en mêle et le vent ajoute son grain de sel. En l’espace de quatre heures, j’ai eu droit à tous les temps : nuageux, neige, pluie et finalement beau. Un accueil mémorable. Les 15°C dont je profitais en France lors de ce printemps sont à oublier.

13 avril : Reykjavik

Je pars me promener dans Reykjavik. Je me rends à Hallgrimskirkja, une église. Il s‘agit du plus haut bâtiment d’Islande. Je refais descends alors la rue Skólavörðustígur qui avec le Laugavegur et quelques rues adjacentes forment le centre-ville de Reykjavik. Je marche jusqu’au port. Il ne fait pas chaud et je me réfugie dans Harpa, un immense espace polyvalent (salle de spectacle, conférence etc.) à l’architecture futuriste.

Hallgrimskirkja

Je vais également l’office de tourisme qui, par la quantité d’informations disponible, révèle la volonté du pays quant à son développement touristique. 800 000 touristes visitent chaque année le pays, c’est peu comparé aux près de 85 millions de touristes en France, mais ramené au nombre d’habitants, cela fait tout de même 2,5 fois plus de touristes que d’habitants. La population islandaise est de 320 000 habitants.

Rekjavik n’est pas traversé par un cours d’eau, mais en son centre le lac Tjörnin est un espace de nature apprécié dans une ville qui compte tout de même des constructions basses, un grand nombre de maisons typiques et peu de grand bâtiment en centre-ville. De nombreux oiseaux profitent du plan d’eau : cygne, canard colvert, mouettes etc.

Reykavik compte de nombreux bars et cafés qui sont pour certains aussi des boutiques. Je m’assois dans un café, et je découvre alors la cuisine islandaise. Truite fumée sur une tranche pain de seigle grillé et en dessert un pancake au skyr et caramel. Tout d’abord le poisson, il semble être la nourriture principale des islandais (devant la viande notamment). Ensuite le skyr, après renseignement auprès de la serveuse, il s’agit d’une sorte de yaourt. C’est bon, et après recherche, ce n’est pas à proprement parlé un yaourt mais plutôt un fromage frais. Ces cafés sont très « à la mode » dans la culture islandaise, surtout ici à Reykjavik.

Une première journée déjà riche avant le grand départ pour un tour d’Islande.

14 avril : Reykjavik à Kirkjubæjarklaustur

Nous décidons de partir vers le Sud. Nous sortons de Reykjavik et prenons la route 1. Aussi appelé Ring Road, c’est la route qui fait le tour de l’Islande et c’est sur celle-ci que nous parcourrons le plus de kilomètres. La sortie de la ville va me permettre de comprendre la faible densité de population de l’Islande : 3 habitants/km². Le ciel est couvert. Nous partons direction Hveragerði, la route 1 passe à proximité de Hengill (768m), il y a de la neige et une station de ski se trouve non loin. Au fur et à mesure que nous quittons la capitale, nous croisons de moins en moins de voiture, les constructions se raréfient. La nature reprend ses droits.

Avant d’arriver à Hveragerði, nous passons proche d’une centrale géothermique. Elle est située relativement proche de Reykjavik. Cette « Power Plant Station » utilise la vapeur d’eau du sous-sol pour générer de l’électricité. De plus, des pipelines visibles autour de la station transportent de l’eau chaude jusqu’aux villes.

Arrivés à Hveragerði, nous faisons un stop près des serres. Il faut savoir que nous sommes sur la dorsale médio-atlantique, et que le gradient géothermique fort permet alors de chauffer à moindre coût ces installations. Les serres que nous avons pu voir à Hveragerði produisent des roses. Cela semble incroyable de produire des fleurs à une telle latitude, mais grâce à la géothermie, et à l’éclairage artificiel (les jours sont très courts en hiver), la production horticole mais aussi maraichère permet à l’Islande de produire une partie de sa consommation de fruits et légumes. Nous aurons l’occasion de reparler de ces serres…

Première petite cascade : Urridafoss. L’eau se fraye un chemin entre les blocs rocheux. Le débit de cette première petite cascade est assez fort. Il reste de la neige sur les roches au centre du lit de la rivière.

Urridafoss

Nous nous arrêtons à proximité de deux chutes d’eau : Seljalandsfoss et Gljúfrafoss. Très belles toutes deux et surtout assez touristiques. Nous pouvons marcher tout autour de la première chute et donc passer derrière. Ce n’est pas tous les jours que l’on passe derrière une chute d’eau ! Quant à la seconde, Gljúfrafoss, je la trouve encore davantage impressionnante car elle est comme enfermée dans un canyon. Ces premières chutes d’eau pittoresques révèlent déjà l’abondance de l’eau sur l’île, notamment par les réservoirs d’eau que sont les highlands à l’intérieur des terres et les glaciers.

Seljalandsfoss

Nouvelle cascade ! Skogarfoss. Plus large que les précédentes, nous pouvons nous approcher très près du pied de la chute. Un chemin permet d’atteindre le sommet, la vue en haut est vertigineuse. De nombreux oiseaux nichent sur la falaise près de cette cascade car nous sommes non loin de l’océan. D’en haut nous apercevons la route, les habitations de la petite ville et l’océan qui se devine au loin.

Skogarfoss

Un peu plus loin, au bord de la route, nous pouvons observer le volcan Eyjafjallajökull et son glacier. Ce nom vous dit probablement quelque chose, en effet, c’est le volcan qui en entrant en éruption en 2010 a bloqué le trafic aérien européen. Des photos rappellent cet évènement. Le panache de cendre est immense. C’est un volcan explosif, c’est-à-dire qu’un magma riche en gaz remonte en surface entraînant l’explosion du volcan, la projection de roches et de cendres.

Nous quittons le paysage non pas verdoyant mais  plutôt jaunâtre pour un paysage beaucoup plus sombre. Les roches basaltiques noires affleurent et envahissent le paysage. Nous nous approchons du bord de mer. Tout est noir. Sur un promontoire, la vue est grandiose. La mer déchaînée ce jour-là et le vent rendent ce paysage presque hostile. Nous nous trouvons tout proche de Vik, la ville la plus au Sud du pays et aussi la plus pluvieuse. En effet, il pleut, mais cela ne nous empêche pas de profiter de la vue sur ces blocs basaltiques dressés au bord de mer. En peu plus loin, nous marchons sur la plage de sable noir. Quel paysage incroyable, l’écume et le noir du sable se mêle comme sur une photo en noir et blanc. Sur le front de mer, d’immenses colonnes de basalte à la base hexagonale témoignent d’anciennes coulées de lave et de leur refroidissement. Une grotte creusée par la mer met à nu cette roche dont les formes et les prismes me rappellent des cours de géologie pas si lointain. Cette plage noire, l’écume blanche, les orgues basaltiques et un piton basaltique qui résiste à l’assaut de l’eau forment un paysage unique.

Nous traversons maintenant un paysage lunaire, le désert de Mýrdalssandur, formant une plaine s’étendant sur 30 kilomètres après Vik, il est le résultat de multiples jökulhlaup ou débâcle glaciaire. Il s’agit d’une inondation violente liée à la vidange d’un lac sous-glaciaire due à une éruption volcanique. La désertification est également entretenue par le vent qui souffle ici très fortement.

Mýrdalssandur

Après cette traversée du désert, nous retrouvons des couleurs : la mousse recouvre d’immenses étendues, notamment sur des basaltes irréguliers où elles forment un tapis végétal aux formes étonnantes.

La journée n’est pas finie ! Puisqu’une nouvelle cascade s’offre à nous : Foss a Sidu. Toute fine mais haute, elle chute de la falaise rocailleuse au pied d’une ferme. Les Exploitations agricoles sont d’ailleurs très présentes dans le Sud du pays que nous venons de parcourir. En plus de la route et des lignes électriques, les clôtures et les fermes éparpillées témoignent de la présence d’élevages bovins et ovins dans la région.

Foss a sidu

Nous n’avons pas loué un 4×4 pour rien, en effet, toute les routes ne sont pas goudronnées en Islande, certaines sont plus des pistes et d’autres carrément interdites aux petits véhicules. C’est le cas de la route que nous empruntons pour aller voir un canyon. La boue recouvre par endroit la piste et le 4×4 franchit sans problème ces portions glissantes. Fjaðrárgljúfur, nous marchons sur la rive gauche du canyon. Le ciel se dégage. Les falaises perpendiculaires au cours d’eau, découpées comme des gorges sont abruptes et recouvertes de mousse. Nous remontons le canyon à pied. Le paysage est grandiose.

Fjaðrárgljúfur

Ainsi s’achève cette première journée déjà riche, plutôt pluvieuse, mais déjà de magnifiques paysages rencontrés.

15 avril : Kirkjubæjarklaustur à Reyðarfjörður

Direction les glaciers du Vatnajökull, nous laissons la voiture au parking du centre des visiteurs de Skaftafell et empruntons le sentier qui mène jusqu’à la langue du glacier. La marche est agréable, il y a beaucoup d’oiseaux, la végétation rase s’amenuise en approchant du glacier. La vue de cette masse glacée dans la vallée est incroyable. Il fond lentement, nous pouvons l’entendre craquer. Là encore quelques souvenirs de cours de géologie reviennent, ou plutôt des mots comme verrou glaciaire, moraine de front, ou encore moraine latérale. Un paysage incroyable. L’eau qui coule du glacier est froide, elle coule sur du sable noir jusqu’à l’océan.

Nous remarquons bien sûr des blocs, des pierres « explosées » par le froid. L’expression « il gèle à pierre fendre » prend tout son sens. En géologie, cela s’appelle la cryoclastie. En effet, les roches parfois poreuses laissent passer l’eau dans des fissures plus ou moins larges, en hiver ou bien la nuit, l’eau gèle. La glace occupant un volume plus important que l’eau, la roche peut être brisée elle subit ainsi une érosion et des altérations. J’oubliais les crevasses, elles sont impressionnantes, surtout vue d’en bas ! Marcher sur le glacier doit demander une grande attention.

N’en ayant pas assez vu, nous nous rendons au pied d’un second glacier. Je devrais même plutôt parler de langue de glacier, car ce que nous pouvons voir constitue une des extrémités du plus grand glacier d’Europe : le Vatnajökull. Ce glacier s’étend sur une grande partie de l’Islande (environ 8%) et fait la taille de la Corse ! Il a relativement peu évolué depuis le dernier âge glaciaire soit il y a 10 000 ans (Würm). Nous voilà donc de nouveau au pied d’une langue glaciaire : Svínafellsjökull. Nous pouvons accéder à la moraine latérale et nous montons donc le long de ce glacier. Là aussi le bruit des blocs de glace qui rompent se fait entendre. Une moraine latérale est une formation due au passage du glacier. Le glacier étant « abrasif », il décape une partie de la vallée notamment sur les côtés de celles-ci d’où la formation de moraine (une roche  composée de débris rocheux). Bref, une belle ascension sous le soleil et une magnifique vue sur le bleu de la glace pure de cette langue du Vatnajökull.

Nous continuons notre route : prochaine étape – toujours aussi chaude – un lagon plein d’iceberg. Mais là les blocs de glace sont bien individualisés, et nous voyons au fond la langue du glacier qui se jette dans le lagon. Un paysage surprenant, probablement dû au fait que le glacier se retire progressivement libérant devant lui la moraine de front qui fait alors office de retenue d’eau formant le lagon.

Encore plus impressionnant et touristique cette fois : le Jökulsárlón, qui signifie en islandais la lagune du glacier. Il s’agit du plus grand lac pro glaciaire. .Il est vraiment impressionnant de par la quantité de glace qui y flotte : des icebergs dont on ne voit que la partie émergée. Une des particularités est aussi sa proximité avec l’océan. En effet les blocs de glace se fissurant de la langue dérivent ensuite sur le lac qui se jette dans l’océan. On retrouve alors sur la plage de sable noir des blocs de glace échoués, rejetés par la mer. C’est un paysage vraiment atypique.

Nous reprenons la route direction Nord-Est et la ville de Höfn. Nous y faisons un arrêt pour admirer le paysage : vue sur l’océan, les montagnes et les plaines baignées de soleil.

Nous marquons également un arrêt près d’un phare sur un cap. Les glaciers sont déjà loin, le soleil décline doucement sur les montagnes bien qu’il se couche tard en cette saison (autour de 22h). La lagune vue depuis le phare abrite une faune remarquable et de nombreux oiseaux.

Nous dépassons le village de pêcheur Djúpivogur qui marque l’entrée dans les Eastfjords. Nous sommes alors à l’Est de l’Islande. Les différents fjords que nous allons parcourir sont très beaux. Berufjörður, tout d’abord, flanqué de deux montagnes, la bande d’eau étroite remonte haut dans les terres. Parcourir les bords du fjord est très agréable et reposant. Le calme qui y règne est surprenant par rapport à l’océan atlantique nord au dehors.

Notre parcours dans les fjords continue avec la petite ville de Stöðvarfjörður (675 habitants), les jolies petites maisons sont colorées. C’est une ville tournée vers la mer, comme beaucoup en Islande puisque la pêche est une activité majeure. Nous voyons également des bassins de pisciculture.

Fáskrúðsfjörður est un village de 660 habitants. Chauvinisme oblige, nous y sommes passés. En effet, il s’agit à l’origine d’un village de pêcheur français installé au 19ième siècle. Quelque peu perdu dans tous ses noms islandais à coucher dehors, il était alors sympathique de retrouver la « rue du port ».

Nous décidons de nous arrêter dans la ville de Reyðarfjörður. Juchée sur le bord Nord du Fjord et donc orienté Sud, cette jolie ville se trouve dans le fjord le plus grand (profond) des Eastfjords. Les montagnes tombent dans la mer, et la vue sur le fjord depuis est splendide.

Une nouvelle journée s’achève, des glaciers majestueux du Vatnajökull aux fjords cachés de l’Est, notre voyage continu et sous le soleil s’il vous plaît !

16 avril : Reyðarfjörður à Husavik

Le soleil illumine déjà le fjord Reyðarfjörður quand nous reprenons la route. Direction toujours plus à l’Est.

Nous admirons le paysage du fjord, la route grimpe jusqu’à une station de ski. Nous franchissons alors la route la plus haute d’Islande (632m). Qu’il doit être agréable de skier sur les deux petites pistes en admirant le fjord en contre-bas ! Nous franchissons un tunnel, la route déjà bien encadrée par la neige se réduit dans celui-ci pour ne permettre le passage que d’une voiture. De l’autre côté, encore plus de neige (exposition Nord) nous éblouit et nous descendons les lacets de la vallée. Tout au bout de cette route qui ne mène à rien d’autre qu’une ville, nous arrivons à Neskaupstaður. Ce n’est pas n’importe quelle ville puisque qu’il s’agit de la ville la plus à l’Est de l’Islande. Les filets stationnés sur le port traduisent la pêche dans cette région. Tout comme l’usine de transformation du poisson, facilement repérable par le nombre d’oiseaux qui y tournent autour, surement attirés par l’odeur. Nous profitons du soleil, la vue vers l’océan atlantique nord encadrée par l’extrémité du  fjord est belle.

Nous quittons cette ville de 1500 habitants en rebroussant chemin puisqu’elle se situe dans un cul-de-sac. Nous imaginons en remontant vers le tunnel comment les habitants vivent, si isolés surtout en hiver quand il doit y avoir beaucoup de neige…

Notre voyage continue vers Egilsstaodr, direction Nord et le lac Myvatn. La route continue. C’est très simple : cette portion de la route 1 n’est bordée par rien. Enfin, rien d’anthropique. Pas de lignes électriques, pas de constructions, juste la route, notre 4×4 et la neige immaculée. Nous croisons peu de voitures. L’impression d’être seul. Nous n’osons imaginer le temps dans ces terres reculées où le temps souffle très fort, lors d’une tempête en plein en hiver. A part la route, l’homme est absent. Nous admirons ce paysage où montagnes et volcans enneigés se côtoient.

Nous quittons the ring road pour aller admirer les chutes de Detifoss et Selfoss. Pour cela, nous marchons un petit peu, dans la neige bien sûr et sur les basaltes noirs dont la couleur tranche avec celle de la neige. Ces deux cascades successives ont un débit fort. Elles sont impressionnantes, et très belles sous ce soleil. Leurs éclaboussures sont si fortes que la bruine en s’élevant dans les airs fait apparaître un arc-en-ciel. Mais savez-vous où doit être positionné le soleil pour voir un arc-en-ciel ? Dans votre dos ou face à vous ? Je vous laisse réfléchir. Je suis surpris par la taille des colonnes de basaltes qui affleurent sur les falaises bordant les chutes. Bon, tout le monde n’est pas sensible à ces considérations géologiques, continuons donc !

Après le paysage lunaire enneigé, nous arrivons sur Mars. Le sol rouge-orangé de Hverir nous change du noir et blanc. De ce sol s’élèvent des fumées, l’odeur est forte. Le soufre, plus précisément le gaz H2S (sulfure d’hydrogène) est responsable de l’odeur d’œuf pourri. Une promenade autour de ces fumées qui ont du mal à s’élever à cause du vent m’enchante (encore de la géol me diriez-vous).

Hverir

Nous voyons là la force de la nature, la chaleur des entrailles de la Terre, puisque la vapeur d’eau et des gaz remontent ici, apportant à la surface des formations étranges. Des couleurs déjà : du jaune, du bleu-gris, du vert, de l’orange. Plus loin, nous pouvons observer des sortes de chaudrons où bouillonnent de la boue épaisse (mud-pots). Les sources chaudes entraînent des dépôts de soufre importants, ces mines étaient exploitées autrefois. Bref, un paysage unique. Nous nous trouvons alors à proximité de la dorsale médio-atlantique qui en Islande se trouve en surface. Ceci explique ce champ géothermique et ces remontées de vapeurs peuvent s’expliquer par le gradient géothermique élevé de la région (grande élévation de la température avec la profondeur). En effet, à 1000 mètres de profondeur la chaleur dépasse les 200°C. Les eaux superficielles s’infiltrent dans le sous-sol, elles se réchauffent, la vapeur remonte accompagnée de gaz. Près des évents de vapeur se forme également un mélange de gypse et silice. L’hydrogène sulfuré dissout rend les marmites de boues acides, expliquant la dissolution de la roche et l’observation de ces « cratères » bouillonnants.

Ce champ géothermique offre un paysage atypiqye au touriste, mais en amont de ces curiosités géologiques se trouve la centrale géothermique de Krafla. Nous y montons, et pouvons alors observer les nombreux puits qui captent la vapeur et/ou l’eau chaude ainsi que la station où l’eau est transportée et y fait tourner une turbine qui, via un alternateur, produit de l’électricité. La taille du transformateur derrière la station laisse augurer la puissance de l’installation. Voilà donc, une belle image d’une des ressources de l’Islande : la géothermie qui permet de produire de l’électricité mais aussi de chauffer de nombreux bâtiments.

Encore au-dessus, de la station se trouve un cratère rempli d’eau, gelé en cette saison, qui forme le lac Viti. Je lirai par ailleurs que le champ géothermique de Krafla s’inscrit dans ce que les géologues appellent une Caldeira (vaste dépression circulaire, généralement d’ordre kilométrique, résultant d’une éruption qui vide la chambre magmatique sous-jacente).

Nous quittons ces paysages surprenants pour continuer notre route vers le lac Myvatn puis au nord de ce lac vers Husavik. En longeant le lac, nous pouvons voir d’immenses coulées de laves, formant aujourd’hui des champs noirs tourmentés. Le basalte craquelé et ces grandes étendues sombres laissent rêveur quant à la force des éruptions et des épanchements volcaniques. Encore des serres ! Logique, nous l’avons vu la géothermie est ici exploitable. Cette fois ci, ce ne sont pas des roses mais bien des légumes qui y sont produits : tomates et poivrons si près du cercle arctique.

Nous arrivons à Husavik, une ville littorale, tournée comme beaucoup précédemment vers la pêche (et le tourisme avec l’observation des baleines), les maisons colorées donnent à cette petite ville un certain charme.

Le fjord et la lumière de ce début de soirée qui l’inonde sublime le paysage. Restons dans la lumière car dans la nuit du 16 au 17, j’ai eu la chance de voir des aurores boréales. En effet, le temps était dégagé et nous étions à Husavik non-loin du cercle polaire arctique (66° de latitude Nord). Comment décrire ce paysage féerique ?! Le noir déjà, bien que le soleil ne soit pas encore totalement couché plus au Nord bien qu’il soit 23h. Et puis ces lumières voluptueuses dont la couleur illumine le ciel. Les couleurs vertes, violettes dansent sur la toile noire mouchetée d’étoiles. Un régal pour les yeux, ce qui frappe par rapport aux photos que j’ai pues prendre ou celle que j’avais vues auparavant c’est le mouvement, les ondulations de ces lumières célestes.

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Bon, assez de poésie, tentons d’expliquer simplement ces « Nothern lights » (plus de photos ici). Les aurores boréales (au pôle Nord) ou australes (au Sud) sont des phénomènes physiques qui font intervenir d’une part le champ magnétique terrestre et d’autre part des particules cosmiques chargées issues du soleil (vent solaire). Dans la haute atmosphère, les particules (protons, électrons) rentrent en collision avec les atomes et molécules atmosphériques. Ces derniers se trouvent alors excités et émettent de la lumière. La couleur de la lumière dépend de l’atome ou de la molécule gazeuse excités. Voilà, pourquoi au pôle, nous pouvons admirer ces aurores.

Il se fait tard, et c’est des étoiles pleins les yeux, ou plutôt des aurores, que nous retournons nous coucher.

17 avril : Husavik à Akureyri

Direction Myvatn. Nous passons comme la veille près d’un champ de lave au Nord-Est du lac.

Nous rejoignons une surprenante faille qui taillade le paysage. Il y a une grotte non loin de celle-ci. Elle est ouverte et beaucoup d’eau s’y évapore car l’eau (trop chaude pour s’y baigner) est à 45°C. Il faut imaginer un immense traversin de basalte long de plusieurs kilomètres et fissuré par le haut. Cette belle faille court dans un champ de lave chaotique et remarquable.

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Nous nous garons désormais au pied du volcan Hverfell. L’ascension se fait par un des flancs. Le paysage est lunaire, pas de végétaux, des débris de roches. Des graviers sombres accompagnent notre petite randonnée. Arrivés en haut, le cratère est immense (1200 mètres de diamètre). Uniforme, seul un pan semble s’être affaissé rejoignant un îlot central. De ce volcan, nous admirons la vue sur le lac Myvatn, sur la région. Ce volcan récent est né d’une explosion phréato-magmatique (contact eau et magma) il y 2500 ans.

Le lac Myvatn est d’ailleurs notre prochaine étape. Nous nous promenons alors dans ce que l’on pourrait appeler une forêt, du moins pour l’Islande. Probablement que le vent et le quasi-désert expliquent l’absence d’arbre sur l’île. Même si les hommes ont leur part de responsabilité puisque dans l’histoire islandaise les forêts ont longtemps été abattues pour le chauffage domestique.

Il est très agréable de se promener dans cette nature sur les petites avancées du lac (Höfði), les oiseaux, les canards y sont nombreux même si ce n’est pas encore la pleine saison. Les pseudo-cratères et les blocs rocheux apparents dans le lac offrent un paysage, encore une fois, intéressant. Les pseudo-cratères sont appelés ainsi car il ne s’agit pas de volcans, mais de coulées de lave qui en se jetant violemment dans le lac ont entraîné des séries d’explosions à l’origine de ces structures visibles dans le paysage.

Nous faisons le tour du lac en voiture, le lac est gelé par endroit. Nous nous rendons au Myvatn Nature Bath. Il s’agit de l’équivalent Nord du blue laggon proche de Reykjavik. L’eau naturellement chaude et riche en silice provient du sous-sol, l’eau est ainsi très riche en minéraux. L’eau est d’un bleu éclatant et est trouble à cause de sa richesse en minéraux, en silice notamment, et des microorganismes qui y vivent. Le bain est agréable, en extérieur bien sûr. Une pause appréciable après l’ascension du volcan et avant de reprendre la route.

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Notre voyage continue maintenant direction Akureyri, la seconde ville la plus peuplée d’Islande. Sur la route, nous nous arrêtons près d’une nouvelle cascade : Godafoss. La chute d’eau est moins haute que les précédentes, mais elle n’en est pas moins belle. L’eau qui coule ici provient en partie du glacier Vatnajökull situé au Sud-Est de l’Islande. Dernier stop avant Akureyri, un grand lac gelé, à flanc de montagne. Lors de notre arrêt, le vent souffle fortement (attention en ouvrant les portières), la glace craque, et le peu d’eau qui coulait semble remonter le cours d’écoulement normal.

Nous arrivons dans le fjord d’Akureyri, profond de 60 kilomètres, c’est le plus grand fjord du Nord de l’Islande. La ville dynamique a une population de 17 300 habitants, le port et les rues sont animés plus que dans les villages où nous avons fait étapes auparavant. Nous nous promenons dans le jardin botanique, un peu mort en cette saison, seuls des crocus fleurissent ; puis nous descendons jusqu’au port, le vent y souffle. Cette ville est agréable, le soleil couchant disparaît peu à peu derrière la montagne qui borde le fjord à l’Est.

18 avril : Akureyri à Rekjavik

Décidément le soleil nous suit ! Nous partons en direction du Nord, nous remontons alors le fjord, toujours aussi beau. Cette région est assez agricole. L’île de Hrisey est isolée dans le fjord. La péninsule que nous allons traverser est découpée en quelques fjords.

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Parcourir ces fjords est possible car de récents tunnels ont désenclavé la péninsule. Le vent souffle fort, mais le paysage littoral est magnifique. Les villes ou plutôt villages que nous traversons sont tournés vers la mer, ressource de la région ; notamment à Siglufjörður les poissons en abondance (hareng etc.) ont favorisé le développement de la ville.

Notre route continue, nous passons les villes de Sauðárkrókur puis de Blönduós. Cette-dernière est connue pour la pêche du saumon. Nous reprenons la route 1, les terres que nous parcourons sont balayées par le vent. La végétation est encore jaunâtre en cette saison, le printemps tarde en Islande !

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Dans les terres, nous roulons maintenant au beau milieu d’un champ de lave. Le responsable, probablement ce volcan nous loin de la route. Nous y montons. La vue en haut est impressionnante car nous pouvons distinguer facilement dans le paysage l’étendue des laves. Nous avons aussi une vue sur le volcan voisin similaire à celui sur lequel nous sommes. Les flancs du volcan sont surprenants par leurs couleurs noires, grises et rouges par endroit ; il s’agit d’un volcan explosif faisant partie d’un complexe de trois autres volcans situés sur une fissure volcanique. C’est toujours impressionnant de gravir un volcan et d’imaginer sa formation récente (moins de 3000 ans) et la dernière éruption est datée du 12ième siècle. Sur les flancs du volcan, il est également intéressant de voir la vie s’installer. En haut du volcan, seules des lichens et peu de mousse s’installent dans le cratère, en descendant, la mousse recouvre davantage les roches, encore plus bas, des graminées s’implantent.

Suite à ce bref arrêt, nous reprenons the ring road. Direction Reykjavik. Nous dépassons la ville de Borgarnes et passons un dernier fjord. Ce-dernier une fois de plus très venté nous offre un arc-en-ciel car il pleut légèrement. Et enfin, on distingue Reykjavik. Le retour en ville est progressif, nous croisons déjà plus de voitures, les routes s’élargissent et passent à deux fois deux voies. Dans le même temps, les constructions réapparaissent. Reykjavik est une ville très étendue. Il s’agit de la plus grande ville Islandaise avec 120 000 habitants ce qui concentre grandement la population puisque cela représente un tiers de la population totale. Retour en ville.

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Ainsi s’achève notre tour de l’Islande.

19 avril : Journée Snaefelness

Nous partons de Reykjavik pour la péninsule de Snaefellness, situé au Nord-Est de Reykjavik. Première étape : Stykksholmur, petite ville de 1100 habitants qui assure des liaisons avec les Westfjords au Nord avec ses ferrys. La vue sur ces Westfjords et sur l’océan est d’ailleurs magnifique. La ville est charmante, et le port naturel est protégé par une île aux colonnes basaltiques.

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Nous prenons maintenant la direction de Grundarfjörður, nous allons faire le tour de la péninsule. Nous passons à travers un premier paysage lunaire : il s’agit d’un champ de lave du nom de Berserkjahraun. Des cônes de scories sont responsables d’éruptions passées dans la région. Je commence à être habitué à ces paysages pourtant c’est toujours une redécouverte, et surtout un impressionnant paysage désertique inhospitalier.

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Nous passons le fjord de Grundarfjörður, une montagne (Kirkjufell) sur le bord Est du fjord marque le paysage par sa hauteur et son isolement. Ses pentes raides et ses empilements rocheux au sommet sont bien visibles malgré le temps nuageux. La base de la montagne est constituée de roches sédimentaires anciennes, plus haut, des couches de laves et enfin au sommet des tufs volcaniques (téphras : roche et cendre expulsé lors d’éruption). La forme tout à fait originale de la montagne résulte de l’érosion qu’a connue la région lors du dernier âge glaciaire.

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Kirkjufell

La route littorale surplombe l’océan. Le vent est tel et souffle dans la direction opposée aux vagues tant et si bien qu‘il arrache à ces dernières de l’écume quand elles se cassent à l’approche de la côte.

Nous dépassons Ólafsvík, et quittons la route principale, hors des sentiers battus (littéralement), notre vaillant 4×4 nous permet d’aller jusqu’à Irskabrunnur. Il s’agit d’une très belle plage de sable doré, la mer est démontée et se fracasse contre des barres basaltiques au noir profond. Ces couleurs, le blanc de l’écume, le noir du basalte et le doré du sable se mêlent dans le paysage. Plus loin, quand la route rend le 4×4 indispensable, nous arrivons à un phare orange esseulé, seule construction humaine visible. Le vent souffle violement. Attention à la falaise ! Et encore du basalte, à pic cette fois.

La journée s’achève, nous rentrons à Reykjavik en empruntant le tunnel de 6 kilomètres qui évite le fjord Hvalfjörður. Notre journée dans la péninsule et le parc naturel de Snaefellness était une nouvelle expérience islandaise, malgré le temps changeant et nuageux. Seul regret, nous n’avons pas vu le glacier Snæfellsjökull à l’Est de la péninsule, celui-ci est resté masqué par des bancs de brouillard toute la journée.

21 avril : Journée Golden Circle

Après une journée de pause, c’est reparti sur les routes d’Islande. Enfin, les routes que nous empruntons maintenant sont très fréquentées puisque comme nous allons le voir, le circuit du Golden Circle est très touristique.

Le Golden Circle comprend trois attractions touristiques à environ 100 kilomètres de la capitale : þingvellir, Geysir et Gulfoss.

Nous prenons la route, et suivons déjà deux bus touristiques ! Tout d’abord, þingvellir et son lac þingvallavatn. Il s’agit d’un lac formé au fur et à mesure du retrait d’un glacier qui occupait alors une grande partie de l’aire du parc national. Aujourd’hui, c’est une réserve remarquable pour ses oiseaux, et sa flore.

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þingvallavatn

Þingvellir est un lieu chargé d’histoire puisque qu’il s’agit de l’emplacement du premier parlement de l’île : Alþingi en 930. De nombreux évènements ont ensuite marqué le site comme l’adoption du christianisme autour de l’an 1000 et plus récemment la proclamation de la république d’Islande en 1944. Aujourd’hui classé au patrimoine mondiale de l’Unesco, peu de vestiges si ce n’est le rocher des lois où les lois étaient récitées avant que les écrits ne viennent remplacer la tradition orale de transmission de l’information. La position géographique de þingvellir avec ses plaines, l’accès à l’eau et la forêt pour se chauffer, expliquent que le parlement se soit installé là.

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þingvellir

Þingvellir est aussi remarquable pour sa géologie. Ici la Terre se fend en deux. Une immense faille taillade le paysage. La plaine de þingvellir dont son lac occupe le fossé d’effondrement délimité par la faille. Nous nous trouvons alors dans le rift de la dorsale médio-atlantique. D’un côté, la plaque américaine et de l’autre la plaque européenne qui au niveau de þingvellir coulissent plus qu’elles ne s’écartent (d’environ deux centimètres par an).

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þingvellir

Notre prochaine étape est Geysir. Il s’agit du site du Geyser le plus célèbre d’Islande. Aujourd’hui au repos, il a donné son nom à tous les geysers du monde. Nous sommes dans un champ où l’eau chaude ruisselle au sol. Des fumerolles s’élèvent également. Des petites cavités et des plus grandes accueillent l’eau bouillonnante. Fort heureusement, quand Geysir a pris sa retraite, son voisin Strokkur s’est mis à cracher de l’eau dans les airs tous les quarts d’heure environ. Imaginée la scène, plein de touristes en train de regarder un bassin rempli d’eau chaude et d’un coup, un grosse bulle bleu remonte et fait jaillir de l’eau à 25 mètres du sol sous les yeux ébahis et les exclamations des touristes. Bon, c’est vrai que c’est impressionnant mais ça nous change surtout des autres coins d’Islande où nous avions l’impression d’être seul ! Ce qui est intéressant c’est la genèse de ce panache d’eau chaude. En effet, il faut imaginer une colonne d’eau sous-terraine au fond de laquelle la température de l’eau atteint 120-130°C (grâce à la pression qui y règne elle ne bout pas). En surface un peu d’eau est éjecté. La pression en bas de la colonne d’eau diminue alors, permettant la formation de vapeur d’eau qui en remontant rapidement éjecte l’eau situé au-dessus.

Le dernier site incontournable du Golden Circle est la cascade Gulfoss. Une de plus me diriez-vous, mais celle-ci est la plus célèbre d’Islande. Son débit est important (109 m3/s à 2000m3/s lors de crue) et surtout elle chute de deux niveaux (11 mètres puis 31 mètres) et se fracasse alors dans une gorge plus étroite. Les couches de lave qui encadrent les chutes résistent alors que le sous-sol plus tendre est creusé par la rivière. Les gorges de Gulfoss atteignent même 70 mètres de profondeur par endroit.

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Gulfoss

Gulfoss signifie la cascade dorée, en raison de la lumière du crépuscule qui lui donne des reflets dorés. Le jour où nous y sommes, nuls reflets dorés mais les plateaux basaltiques qui l’encadrent, la neige immaculée et l’eau qui rugit de la gorge créent un paysage magnifique. Paysage qui faillit être détruit par un projet de barrage hydroélectrique. Le propriétaire des lieux refusait de vendre mais les promoteurs obtinrent l’accord de l’Etat, la femme du propriétaire protesta, menaçant de se jeter dans la cascade si le projet aboutissait. Les investisseurs en manque de financement, l’agrément du gouvernement fut annulé et le projet abandonné. Aujourd’hui, la cascade est une propriété de l’Etat et une réserve naturelle depuis 1975.

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Gulfoss

Nous rentrons à Reykjavik. Ainsi, s’achève notre parcours dans les lieux les plus touristiques d’Islande. Ces sites sont également très beaux et uniques.

22 avril : Journée randonnée Hveragerði

Direction Hveragerði, ce nom de ville vous dit peut être quelque chose. C’est normal car nous y sommes déjà passés au tout début de notre tour d’Islande. Cette ville est notamment connue pour ses productions horticoles et maraîchères possibles sous serre. En effet, elle est située sur un champ géothermique important. C’est dans cette région que nous allons faire une randonnée avec pour objectif une rivière d’eau chaude où nous pourrons nous baigner. L’ascension est agréable, le soleil dans le dos. Du vent, mais le temps est clément. En haut la neige tient encore par endroit mais elle a globalement déjà bien fondu. Nous marchons dans des paysages très colorés entre la mousse verte, les couleurs orangées des sources chaudes et le noir des montagnes alentours. Les fumerolles et leurs vapeurs qui s’élèvent dans le ciel (avec l’odeur de soufre maintenant presque habituelle) donnent toute l’originalité.

L’ascension jusqu’à la rivière chaude nous prend 1h30. Nous nous baignons ensuite. L’eau est très claire. Elle est bonne et cela est toujours étonnant à cette altitude et alors que l’air ne doit pas être bien chaud. En amont de la rivière, des nombreux « hot-spots » réchauffent l’eau qui doit jaillir d’une source chaude encore plus haute dans la montagne. Ces petits bassins où l’eau bout sont colorés du fait de leurs minéraux qui y précipitent. La vie grâce à l’eau chaude est possible. En effet, à proximité de ces sources chaudes, la mousse s’est implantée avec vigueur, de même, l’eau chaude permet le développement de quelques algues alors que dans un cours d’eau froide adjacent seules les cailloux demeurent.

Dernier bain islandais. Il est temps de redescendre, il fait toujours aussi beau, et le paysage est sans cesse à redécouvrir. A la descente, nous remarquons un petit lagon bleu  dont la couleur est similaire à celui où nous nous sommes baignés à Myvatn. Une couleur de plus à ce paysage déjà riche.

Nous rentrons à Rekjavik.

Pour conclure ce récit de voyage autour de l’Islande, je relèverai simplement le fait que sur cette terre jeune (moins de 15 millions d’années) et isolée les éléments naturels s’entrechoquent : l’eau avec la glace, les cascades ; le feu avec cette géologie si particulière qui place l’Islande à la fois sur la dorsale Atlantique et sur un point chaud ; le vent balaye ces terres ; le monde minéral et ses roches affleurantes offrent des paysages hors du commun ; et bien sûr la vie avec la nature , les végétaux et oiseaux qui ont conquis cette terre de prime abord inhospitalière.

2 réflexions sur « Islande »

  1. Belles photos et récit qui donne envie d’aller voir de plus près cette terre particulière…

    Aimé par 1 personne

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